Adèle Pormerleau remporte un des prix Excelle Science remis par le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie de même qu’une bourse de 2500 $. C’est l’un des 14 prix du volet Excelle Science qui ont été remis au gala du concours Chapeau, les filles! le 8 juin au Théâtre Capitole, à Québec. Les prix s’accompagnent d’une bourse de 2000 à 5000 $.
Depuis plusieurs années, le concours Chapeau, les filles! souligne la volonté et le travail des femmes qui se dirigent vers l’exercice d’un métier traditionnellement masculin. Le volet Excelle Science, quant à lui, a été ajouté il y a quelques années pour saluer le parcours des femmes inscrites à temps plein au baccalauréat dans une discipline des sciences ou du génie. En plus de récompenser leurs efforts, le concours favorise la réussite des étudiantes dans un groupe à prédominance masculine et propose des modèles féminins hors des sentiers battus.
Les sciences en filigrane
Adèle Pomerleau est finissante au baccalauréat en physique et informatique de l’Université de Montréal, deux domaines traditionnellement masculins. Même si elle a grandi en voyant son père programmer à l’ordinateur des effets spéciaux, son intérêt pour les sciences a pris du temps à se matérialiser. Comme plusieurs, elle s’est inscrite en sciences naturelles au cégep «pour m’ouvrir des portes», relate-t-elle.
Un peu par hasard, elle y suit un cours de physique de l’ingénieur, qui explore différents concepts comme la thermodynamique. Elle a alors un véritable coup de cœur. «Ce fut un des premiers cours qui était vraiment exigeant et c’était très stimulant. Je trouvais fascinant de pouvoir mettre des équations sur des choses complexes du quotidien», rapporte-t-elle. C’est donc vers cette discipline qu’elle choisit de se diriger au baccalauréat, combinée avec l’informatique.
Des modèles féminins hors des sentiers battus
Si Adèle Pomerleau a toujours été encouragée à persévérer dans les sciences, toutes les jeunes filles n’ont pas cette chance. «Je vois beaucoup d’hommes autour de moi», note Adèle Pomerleau. Malgré ses nombreuses collègues au baccalauréat, la quasi-totalité de ses enseignants ont été des figures masculines. «J’ai intégré des groupes de recherche durant l’été et, parfois, j’étais la seule femme dans les réunions. C’était quand même un choc», constate-t-elle.
C’est notamment pour encourager d’autres jeunes femmes à choisir comme elle les sciences qu’elle a soumis sa candidature à Chapeau les filles! «C’est intéressant parce que le concours met de l’avant les femmes dans ces domaines», remarque celle qui retire une grande fierté de voir son parcours personnel être ainsi mis en lumière.
Adèle Pomerleau, qui vient tout juste de terminer son baccalauréat, poursuivra ses études à la maîtrise en sciences atmosphérique et océanique à l’Université McGill. Au croisement de la physique et de l’informatique, le groupe de recherche qu’elle intégrera modélise la glace, le mouvement des océans…, lui rappelant son père et son travail de modélisation des vagues pour les effets spéciaux. «J’aimerais rendre la modélisation plus efficace et moins énergivore tout en demeurant réaliste», conclut-elle.