Traverser le Québec à pied tout en faisant œuvre utile: voilà ce qu’a accompli Maxence Malo cet été en parcourant quelque 2100 km, de Gatineau au cap Gaspé, au profit de Point de Rue, un centre de jour de Trois-Rivières qui vient en aide aux personnes en situation d’itinérance.
L’étudiant de deuxième année en médecine au campus de l’Université de Montréal en Mauricie a emprunté, du 21 mai au 5 août, le Sentier national reliant Gatineau au parc national Forillon, en Gaspésie.
Une idée née en Norvège, un choix tourné vers Point de Rue
L’idée a germé après une randonnée en Norvège avec sa mère, l’été dernier. Il envisageait d’y retourner pour traverser le pays du nord au sud, mais elle lui a conseillé d’acquérir d’abord plus d’expérience et lui a envoyé une vidéo du Sentier national. «Je me suis dit: c’est ça que je veux faire. Je veux profiter des paysages québécois», raconte Maxence Malo.
La langue commune, la possibilité de se faire ravitailler par des proches ou par Postes Canada, et la facilité d’un retour à la maison en cas de blessure l’ont convaincu de rester au Québec plutôt que de partir à l’étranger.
Sa mère lui a alors soufflé l’idée d’associer son projet à une cause qui lui tient à cœur. Il s’est rappelé les quarante heures de bénévolat qu’il a effectuées un an plus tôt à Point de Rue, dans le cadre de ses études en médecine, auprès d’une population vulnérable – comme de nouveaux arrivants, des personnes en difficulté financière ou en situation d’itinérance.
N’ayant jamais côtoyé de personnes sans domicile fixe avant ce stage, l’étudiant voulait comprendre ce qu’elles vivent, pour se sentir mieux outillé à les aider un jour dans sa pratique.
Cent heures de préparation pour un sentier à construire soi-même
Amorcée en octobre 2025, la préparation de Maxence Malo a nécessité une centaine d’heures. Parce que le Sentier national est discontinu et la carte interactive de Rando Québec périmée, il a dû construire lui-même son itinéraire, tronçon par tronçon, en vérifiant l’ouverture de chaque section, vu que certains sentiers sont fermés pour cause de coupe forestière, et en contactant individuellement les organismes qui les entretiennent.
Il a aussi dû réserver dès le mois de mai la totalité de ses nuitées pour l’été, une contrainte lourde pour un projet appelé à connaître son lot d’imprévus. N’ayant jamais fait de randonnée sur plusieurs jours consécutifs, il a choisi une progression prudente: les premières journées, il marchait 20 km avant d’atteindre, au milieu de son parcours, de 35 à 40 km par jour, pour une moyenne quotidienne d’environ 30 km.
Sans formation en survie, il s’est équipé d’un émetteur satellite et s’est appuyé sur un ouvrage consacré à la randonnée ultralégère ainsi que sur les conseils de l’explorateur Frédéric Dion, dont une règle des trois lui a servi de repère tout au long de l’été: impossible de survivre plus de trois minutes sans oxygène, trois heures sans chaleur, trois jours sans eau et trois semaines sans nourriture!