Lorsqu’un enfant présente un déficit immunitaire, par exemple en raison d’un traitement ou d’un problème de santé, il peut être tentant de croire qu’il vaut mieux attendre le rétablissement de ses défenses immunitaires avant de le vacciner, surtout si sa capacité à produire des anticorps est réduite. Pourtant, une étude dirigée par la Dre Hélène Decaluwe, clinicienne-chercheuse en immunologie pédiatrique au Centre de recherche Azrieli du CHU Sainte-Justine, un établissement de Santé Québec, et professeure titulaire à l’Université de Montréal, apporte une réponse claire: même lorsque la réponse des anticorps est limitée, la vaccination est efficace, puisqu’elle stimule un autre mécanisme de défense essentiel, porté par les lymphocytes T.
Quand les anticorps ne racontent pas toute l’histoire
L'équipe de recherche a suivi pendant 12 mois la réponse immunitaire de 27 enfants âgés de 5 à 11 ans souffrant d’un déficit immunitaire humoral, qui limite la capacité du corps à produire des anticorps, après qu’ils ont reçu le vaccin à ARN messager de Pfizer-BioNTech contre la COVID-19.
Chez les enfants ayant une forme légère du déficit immunitaire humoral, une troisième dose du vaccin permettait d’obtenir une production d’anticorps satisfaisante. En revanche, ceux atteints d’une forme grave, caractérisée par l'absence de lymphocytes B, les cellules responsables de la production d'anticorps, en produisaient peu malgré cette dose vaccinale additionnelle.
Toutefois, l'étude, dont les résultats sont parus dans la revue npj Vaccines, révèle que les anticorps ne sont qu’une partie de l’équation en matière de protection vaccinale et qu’il existe un autre mécanisme susceptible de jouer un rôle déterminant chez ces enfants.