L'équipe de recherche prévoit maintenant valider ces résultats en suivant le développement de ces enfants au-delà de deux ans pour mieux comprendre les trajectoires à long terme. Une étude longitudinale a donc été mise en place et l’équipe termine actuellement la collecte des données auprès des mêmes enfants à l'âge de cinq ans, avant l’entrée à l’école, une étape importante du développement cérébral. L’équipe prépare déjà des propositions de recherche pour étudier le développement de ces enfants à l'âge de huit ans.
«Afin que tous les enfants prématurés puissent être dépistés à l’âge équivalant au terme de la grossesse, nous travaillons aussi sur l’élaboration de chartes normatives qui permettront d’arrêter les valeurs témoins de disponibilité et d’utilisation d’oxygène du cerveau. Le but serait d’utiliser ces chartes comme celles relatives à la circonférence crânienne pour déterminer si celle-ci est normale par rapport à l’âge de l’enfant», conclut le Mathieu Dehaes.
L’étude en chiffres
• 8 % des naissances au Canada sont prématurées.
• 241 bébés nés entre 29 et 36 semaines de grossesse ont été suivis dans l'étude.
• 90 % ont été évalués jusqu’à l’âge de deux ans.
• 33 % présentaient un retard dans au moins un volet du développement.
• 29 % avaient un retard langagier.
• 13 % souffraient d’un retard cognitif.
Des résultats similaires chez les bébés atteints d’une malformation cardiaque
L’équipe de recherche du professeur Dehaes a appliqué cette technique de neuromonitorage optique auprès de nouveau-nés atteints d’une transposition des gros vaisseaux, une malformation cardiaque congénitale qui fait que le sang n'est pas suffisamment oxygéné lorsqu’il arrive au cerveau.
Dans cette étude, dont les résultats ont été publiés en janvier 2026 dans le Journal of Cerebral Blood Flow & Metabolism, 30 bébés nés avec cette malformation ont été suivis. Les chercheurs ont mesuré le flux sanguin cérébral et l'apport d’oxygène dans les 72 heures suivant la chirurgie cardiaque correctrice.
Les résultats montrent que ces bébés avaient un apport d’oxygène au cerveau plus faible que les bébés en santé. Plus important encore, un flux sanguin et un apport d’oxygène plus élevés après la chirurgie étaient associés à de meilleurs scores moteurs et langagiers à deux ans.
Ces travaux démontrent que la technique de neuromonitorage optique peut également servir de biomarqueur précoce du développement neurologique chez les enfants atteints de malformations cardiaques congénitales, ouvrant la voie à des interventions ciblées pour cette population vulnérable.