Le sirop d’érable pourrait-il devenir un allié de performance pour les cyclistes de haut niveau? La question se pose alors que les valeurs en matière de glucides pendant l’effort, longtemps établies autour de 60 grammes à l’heure, ont presque doublé chez certains athlètes d’élite au cours des dernières années.
À l’approche des Championnats du monde de cyclisme sur route de l’Union cycliste internationale (UCI), qui se tiendront à Montréal du 20 au 27 septembre, le professeur Jonathan Tremblay dirige un projet de recherche qui contribuera à préciser cette question. Ses séances expérimentales se déroulent au Centre ÉPIC de l’Institut de cardiologie de Montréal, un établissement de Santé Québec.
Pourquoi le sirop d’érable?
Le sirop d’érable se distingue des autres sucres naturels par sa composition. «Il est majoritairement composé de saccharose, un disaccharide formé d’une molécule de glucose et d’une molécule de fructose, avec de faibles proportions de glucose et de fructose libres», explique Jonathan Tremblay, de l’École de kinésiologie et des sciences de l’activité physique de l’Université de Montréal.
Après hydrolyse du saccharose, le glucose et le fructose empruntent principalement des voies d’absorption distinctes dans l’intestin. Contrairement au glucose seul (ou autres monosaccharides), qui pourrait saturer son transporteur et causer des inconforts à grandes doses, l’absorption de ce mélange est accrue.
«Si l'on augmente la disponibilité des glucides pour les muscles, ceux-ci peuvent s’en servir davantage comme source d’énergie, travailler avec plus de force et mener à de meilleures performances», ajoute le chercheur.
D’ailleurs, la littérature scientifique sur la nutrition sportive reconnaît déjà cet avantage des mélanges combinant deux types de sucres absorbés par des voies distinctes. L’étude effectuée par Jonathan Tremblay vise à vérifier si cet avantage se maintient, et jusqu’à quelle dose, lorsque la source de glucides est précisément le sirop d’érable.