Bactéries, virus, phages, champignons… Notre microbiote regroupe des milliards de microorganismes. «Le corps humain contient des billions de cellules bactériennes qui sécrètent des composés qui interagissent à leur tour avec notre corps», résume Adrian Serohijos, professeur au Département de biochimie et médecine moléculaire de l’Université de Montréal.
Dès la naissance, notre microbiote intestinal se constitue dans le tube digestif en fonction de l’environnement et de l’alimentation. «Le microbiote est fondamental: il a été démontré que l’humain ne peut pas vivre sans ses bactéries», indique le Dr Prévost Jantchou, professeur à la Faculté de médecine de l’UdeM.
Le microbiote métabolise les aliments et produit des substrats qui servent au corps, lesquels agissent comme sources d’énergie et aident à renforcer la barrière intestinale, et joue un rôle dans la régulation du système immunitaire. «Lorsque nous mangeons, une partie des aliments doit être décomposée en molécules individuelles. Les bactéries participent largement à cette décomposition, ce qui permet ensuite aux nutriments d’être réabsorbés par l’organisme», explique Adrian Serohijos. Certaines bactéries, par exemple, s’attaquent aux fibres pour les transformer en acides gras à chaîne courte. «Nous ne sommes pas capables de faire fermenter ces fibres. C’est le travail des bactéries, qui en échange produisent des acides gras à chaîne courte qui sont essentiels pour notre santé», souligne Manuela Santos, professeure à la Faculté de médecine.
Pour les sportifs de haut niveau, chaque détail compte pour battre des records. «Comme plusieurs substances sont interdites, les athlètes se tournent vers les autres options qui pourraient améliorer leur capacité à faire une activité de longue durée sans épuisement», avance Prévost Jantchou. Comment le microbiote pourrait-il aider les cyclistes et autres athlètes, et où en sommes-nous dans la recherche? Ces trois experts de l’UdeM nous expliquent.