«Je devais avoir six ans quand j’ai commencé le piano, mais ça m’a pris du temps avant de m’y adonner complètement», raconte Sirui Li. Même si le piano a toujours fait partie de sa vie, ce n’est qu’il y a un an qu’elle a décidé de se consacrer à sa passion en poursuivant des études universitaires en musique. Elle termine aujourd’hui sa première année de maîtrise en interprétation piano à la Faculté de musique de l’Université de Montréal.
De l’informatique à la musique, d’Edmonton à Montréal
Sirui Li a grandi à Edmonton. Ses parents, qui travaillent dans le domaine de l’informatique et des mathématiques, remarquent assez tôt l’intérêt de leur fille pour la musique. «Nous n’avions aucun artiste dans la famille, mais un de nos voisins avait un piano. Ma mère me disait que j’étais toujours heureuse lorsque je pianotais avec lui, et je chantais souvent», se rappelle-t-elle. Du piano-jouet au cours particulier, Sirui Li n’a ensuite jamais arrêté de jouer.
Puis la famille déménage à Montréal. La jeune fille s’inscrit au baccalauréat en informatique à l’Université McGill. Elle suit quatre cours au lieu de cinq pour pouvoir continuer le piano.
Son baccalauréat en poche, elle se tourne vers la musique pour la maîtrise. «J’avais choisi l’informatique parce qu’à 15 ans je ne savais pas vraiment ce que j’allais faire plus tard et je trouvais que des études en sciences me donneraient une bonne culture générale et des habiletés à résoudre des problèmes. Mais la musique est beaucoup plus intuitive pour moi et, surtout, elle me tient davantage à cœur», note-t-elle. Depuis son entrée à l’UdeM, elle peut enfin mettre tout le temps dont elle rêvait dans l’étude de son instrument.
Des mentors importants
Dès son arrivée à Montréal, Sirui Li suit des cours particuliers avec Jean Saulnier et Charles Richard-Hamelin, des pianistes renommés tous deux professeurs à la Faculté de musique de l’UdeM. «Ils m’avaient été recommandés par mon professeur à Edmonton [le pianiste classique et professeur de l’Université de l’Alberta Jacques Després]», poursuit-elle.
Jean Saulnier et Charles Richard-Hamelin continuent à enseigner et à mentorer la jeune pianiste. Même si elle est amatrice de jazz comme de heavy métal, elle choisit de s’inscrire à la maîtrise en piano classique. «C’est la musique que je préfère interpréter et qui m’impressionne le plus», dit celle qui aime improviser et composer à l’occasion.
Sirui Li a remporté le Prix d’Europe 2026 en juin, un prix offert par l’Académie de musique du Québec depuis 1911. «C’est quelque chose! Ça vient aussi avec un important soutien financier», confie-t-elle. En plus d’une bourse de 50 000 $ qu’elle pourra utiliser pour étudier à l’étranger, ce prix lui a valu une invitation à se produire comme soliste avec l’Orchestre symphonique des jeunes de Montréal.
Elle figure aussi sur la liste 2026 des «30 under 30» de la CBC, qui chaque été sélectionne 30 musiciens classiques prometteurs de moins de 30 ans. «Ça m’offre une grande visibilité, ce qui vient avec d’autres occasions de pratiquer mon art», souligne-t-elle.
Consciente de la chance d’avoir eu d’excellents mentors, Sirui Li espère continuer longtemps à faire ce qu’elle aime le plus: de la musique.