L’UdeM à vélo

En 5 secondes Au carrefour de plusieurs quartiers montréalais, l’UdeM continue de contribuer, à sa façon, à la culture du vélo à Montréal.
L’Université de Montréal s’est bâtie autour de la voiture, elle tente toujours plus de faciliter le développement du vélo, notamment sur son campus MIL

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Championnats du monde de cyclisme sur route UCI Article 7 / 8

Entre le mont Royal et l’ancienne gare de triage devenue le campus MIL, l’Université de Montréal fait figure d’incontournable dans le paysage vélo de Montréal. Terrain de jeu de plusieurs cyclistes qui s’y entraînent, le campus de la montagne accueillera prochainement les Championnats du monde de cyclisme sur route, une vitrine importante pour la discipline sportive et pour l’établissement.

«L’Université influence la ville comme la ville influence l'Université. Même si, à l’époque, l’Université de Montréal s’est bâtie autour de la voiture, elle tente toujours plus de faciliter le développement du vélo. Je travaille à l’UdeM depuis 2004 et le chemin parcouru en matière d’infrastructures cyclables est incroyable», soutient Stéphane Béranger, coordonnateur au développement durable.

L’UdeM dans la ville

Si c’est d’abord et avant tout l’affaire des villes de proposer des aménagements cyclables sécuritaires, l’UdeM s’est tout de même engagée à relier ses propres installations au réseau municipal, en plus de mettre sur pied plusieurs initiatives et services pour encourager l’utilisation du vélo. «L’Université doit agir comme un partenaire des municipalités et faire valoir les besoins de sa communauté», note Paula Negron-Poblete, professeure et directrice de l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage.

«L’Université de Montréal est un établissement de savoir qui devrait être un exemple positif pour la société, que ce soit sur le plan des déplacements, de la construction des bâtiments ou de l’utilisation de l’énergie», croit Louis-Éric Trudeau, cycliste assidu, professeur au Département de pharmacologie et physiologie et au Département de neurosciences, et jusqu’à récemment vice-président de Vélo Québec Association, dont la mission est de promouvoir la culture du vélo auprès du grand public. Il a également fondé le Collectif Vélo campus UdeM en 2017, une communauté qui partage des informations et qui s’est mobilisée pour demander des améliorations aux installations cyclables de l’Université. 

«L’UdeM, c’est une importante destination d’études, mais aussi de travail. C’est donc sa responsabilité d’offrir des options d’accessibilité autre que la voiture», rappelle Paula Negron-Poblete. Aujourd’hui, environ 13 % des employés se déplacent sur deux roues ainsi que de 4 à 5 % des étudiants, ce qui représente près de 8000 cyclistes tous campus confondus. 

Faciliter la pratique

Suivant l’air du temps, la culture du vélo à l’Université a beaucoup évolué. «Au début, il y avait du vélo, mais peu d’installations sur le campus de la montagne, comme dans la ville. Faire du vélo, c’était dangereux. Il y a eu des efforts de tous les côtés», raconte Stéphane Béranger. La Direction des immeubles a conçu plusieurs projets et des contributions du Fonds d’amélioration de la vie étudiante ont permis des avancées. «L’idée n’est pas de s’opposer à la voiture, mais de faciliter l’utilisation du vélo. Les automobilistes ne sont pas des ennemis», ajoute-t-il. 

Ces efforts ont valu à l’UdeM la certification argent du mouvement Vélosympathique, qui reconnaît les actions réalisées pour encourager le vélo. L’établissement vise maintenant la certification or. Le dernier plan institutionnel d’aménagement des lieux extérieurs prévoit, à terme, l’aménagement d’une voie partagée piétons-cyclistes à travers le campus de la montagne. 

Les campus de l’UdeM comptent près de 2500 places de stationnement pour vélos, une dizaine de bornes de réparation et 5 rampes à vélo conçues pour faciliter le transport des vélos dans les escaliers. L’installation d’abris sécurisés et couverts figure parmi les améliorations souhaitées. «La venue des Mondiaux donne, depuis le printemps, un élan à la bonification des installations cyclables sur la montagne», précise le coordonnateur au développement durable. 

L’arrivée du Bixi, et particulièrement des Bixi électriques, a facilité les déplacements sur un campus marqué par de fortes pentes. Stéphane Béranger a lui-même délaissé le vélo personnel au profit du Bixi depuis quelques années. «Avec les Bixi électriques, je n’ai plus d’excuses!» dit-il. Une douzaine de stations se trouvent sur les campus de l’UdeM, sans oublier le carrefour Bixi, un conteneur qui permet la réparation rapide des vélos Bixi. Et aux étudiants étrangers, UniversCyclo propose de prêter des vélos durant la belle saison.

Poursuivre les efforts

Malgré ces avancées, l’accès sécuritaire aux campus de l’UdeM demeure un enjeu. Dans la dernière décennie, la Ville de Montréal a aménagé de nombreuses pistes cyclables protégées qui ont rendu le vélo accessible à un public plus large. «Quand il y a des infrastructures cyclables sécuritaires, ça ouvre les options de déplacement pour tout le monde, incluant ceux et celles qui, plus souvent, ne se sentiraient pas en sécurité, comme les femmes, les familles et les enfants», estime Louis-Éric Trudeau. 

«L’Université pourrait favoriser la combinaison des modes de transports et promouvoir davantage la mobilité active, par exemple en offrant des abonnements Bixi gratuits [la communauté bénéficie déjà d'une réduction sur les abonnements Bixi]», suggère Paula Negron-Poblete.

Une culture qui évolue

Si le vélo à l’UdeM n’a pris son envol que dans la dernière décennie, les flancs du mont Royal ont accueilli en 1974 le premier Championnat du monde de cyclisme tenu à l’extérieur de l’Europe. En effet, un vélodrome temporaire a été construit au CEPSUM en raison de la grève des ouvriers du Stade olympique, où devait à l’origine se dérouler une partie de la course. 

La venue des Mondiaux sera de nouveau l’occasion de voir les meilleurs cyclistes du monde à l’UdeM. «C’est positif, ça donne un exemple et de la visibilité au vélo: les gens qui deviennent passionnés par un sport ont plus de chances d’éventuellement l’intégrer dans leur vie», note Louis-Éric Trudeau.

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