En 2026, quelque 32 400 femmes au Canada recevront un diagnostic de cancer du sein et 5400 en mourront, selon la Société canadienne du cancer. L’incidence de la maladie augmente particulièrement chez les femmes jeunes. Selon une étude canadienne publiée en 2024, cette hausse a atteint 45 % chez les femmes dans la vingtaine et elle est de 10 à 15 % chez celles dans la trentaine et la quarantaine, depuis les 30 dernières années.
Comment mieux détecter les tumeurs, comprendre leur comportement et adapter les traitements? Deux chercheuses de l’Université de Montréal, la Dre Saima Hassan, professeure agrégée au Département de chirurgie, et Sylvie Mader, professeure titulaire au Département de biochimie et médecine moléculaire, se penchent sur ces questions.
Saima Hassan: repenser le dépistage et personnaliser les traitements
Chirurgienne oncologue à Santé Québec ‒ CHUM, la Dre Hassan rencontre de plus en plus de patientes de 20 à 40 ans atteintes d’un cancer du sein. Une réalité qui soulève des questions sur le dépistage, notamment chez les femmes jeunes, dont les tissus mammaires plus denses rendent les tumeurs plus difficiles à détecter par mammographie.
«On a besoin d’un système de dépistage plus personnalisé, selon l’âge, selon les groupes ethniques et selon la densité mammaire afin de ne pas laisser de femmes de côté», affirme celle qui est chercheuse au Centre de recherche du CHUM et titulaire de la Chaire Banque Scotia en diagnostic et traitement du cancer du sein de l’Université de Montréal.
Son équipe explore la possibilité de déceler certains cancers par une simple prise de sang et recourt à l’intelligence artificielle pour prédire avec davantage de précision la réponse aux traitements. L’objectif est d’offrir à chaque patiente le traitement le mieux adapté, au bon moment, tout en limitant les effets secondaires et les résistances.
Lire le portrait complet: «Recherche sur le cancer du sein: comment mieux répondre aux besoins des patientes».
Sylvie Mader: percer les secrets des cellules cancéreuses
Chercheuse à l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie de l’UdeM, Sylvie Mader s’emploie depuis plus de 30 ans à comprendre les mécanismes moléculaires du cancer du sein, entre autres le rôle des estrogènes dans l’apparition des tumeurs et leur réponse aux traitements.
Le récepteur des estrogènes constitue une cible thérapeutique dans plus de 70 % des tumeurs mammaires, mais son fonctionnement demeure en partie mystérieux. Pourquoi certaines cellules deviennent-elles cancéreuses et pourquoi certains traitements perdent-ils leur efficacité?
Pour répondre à ces questions, son équipe étudie l’activité des gènes afin de repérer ceux qui influencent la sensibilité ou la résistance des cellules cancéreuses aux médicaments.
«Nous pensons que comprendre le rôle des gènes spécifiques à ces cellules pourrait nous révéler des vulnérabilités qui pourraient être ciblées par de futurs traitements», explique-t-elle.
Lire le portrait complet: «L’art de traquer les mécanismes du cancer du sein».