Quand l’équipe de la Maison mobile l’a rencontré pour la première fois dans un refuge montréalais, Dieudonné, 57 ans, était incapable de se lever. Sans papiers, atteint d’un cancer avancé, il vivait avec des douleurs constantes, allongé sur un matelas sans drap ni oreiller. Arrivé au Québec après avoir tout perdu ‒ sa terre, sa maison, ses racines ‒, il n’avait plus accès aux soins et se rapprochait chaque jour un peu plus de la mort.
À force de patience, de débrouillardise et d’écoute, l’équipe a réussi à l’accompagner vers des soins empreints d’humanité. Aujourd’hui, il souffre moins. Il a repris contact avec sa famille et retrouve peu à peu le goût de vivre.
Son histoire illustre la raison d’être de cette initiative novatrice inspirée d’un projet semblable mis sur pied à Toronto. La Maison mobile intervient auprès de personnes en situation d’itinérance visible ou invisible qui risquent de mourir dans la prochaine année. Certaines vivent dans la rue ou dans le métro, d’autres dans des refuges ou dans leur voiture. Beaucoup ont rompu avec le système de santé ou n’y ont jamais réellement eu accès.
«Le défi, ce n’est pas seulement d’offrir des soins. C’est d’abord de recréer un lien de confiance», résume la Dre Marie-Hélène Marchand, professeure adjointe de clinique à l’Université de Montréal, médecin en soins palliatifs au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Est-de-l’Île-de-Montréal et cofondatrice de la Maison mobile.