Le Québec est, après l’Ontario, la deuxième province qui emploie le plus de travailleurs migrants temporaires. «C’est en grande partie grâce à eux si l’on arrive à avoir des fruits et des légumes frais locaux. C’est une main-d’œuvre essentielle pour la sécurité alimentaire du Québec», souligne Rosanne Blanchet, professeure au Département de médecine sociale et préventive de l’Université de Montréal.
Pourtant, ces personnes qui nous nourrissent peinent souvent à bien s’alimenter elles-mêmes. «Il existe peu de données sur l’insécurité alimentaire, en particulier chez les travailleurs migrants temporaires, mais on soupçonnait qu’ils étaient très susceptibles d’y être confrontés», note la chercheuse. Bien plus qu’un simple manque de connaissances, l’insécurité alimentaire est un phénomène multifactoriel. «L’insécurité alimentaire, c’est la peur de manquer de nourriture. Ça peut mener à choisir des aliments qui coûtent moins cher, à sauter des repas et même à ne pas manger de la journée», résume-t-elle.
Appuyées par une équipe de recherche de 25 personnes, dont Théa Demmers, étudiante de doctorat en santé publique, et de nombreux partenaires, Rosanne Blanchet et Lara Gautier, professeure au Département de gestion, d’évaluation et de politique de santé de l’UdeM, ont mené des entretiens auprès de 283 travailleurs étrangers temporaires du milieu alimentaire. Les premiers résultats de leur étude viennent d’être publiés dans la Revue canadienne de santé publique. Le projet a été soutenu par le Centre de recherche en santé publique et les Instituts de recherche en santé du Canada.