Les sports et la maîtrise des émotions vont de pair chez les enfants

Une nouvelle étude montre que les enfants qui participent de manière continue à des activités physiques organisées tendent à éprouver moins de difficultés émotionnelles à 12 ans.

Une nouvelle étude montre que les enfants qui participent de manière continue à des activités physiques organisées tendent à éprouver moins de difficultés émotionnelles à 12 ans.

Crédit : Getty

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Une étude publiée dans «Pediatric Research» indique qu’une participation continue à des activités physiques organisées est liée à une meilleure adaptation émotionnelle chez les enfants du primaire.

Les résultats d’une nouvelle étude menée par Frédéric N. Brière, professeur à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal, montrent que les enfants qui participent de manière continue à des activités physiques organisées tendent à éprouver moins de difficultés émotionnelles à 12 ans.

«Il s’agit d’une information importante pour les parents qui se demandent s’ils devraient inscrire leur enfant à une activité sportive encadrée par un entraîneur, souligne le professeur Brière. Les années du primaire sont un moment crucial dans le développement des enfants et les parents souhaitent contribuer à leur bien-être.»

Instinctivement, les parents considèrent souvent que ce que les enfants font durant leur loisir peut avoir une influence à long terme sur leur bien-être. Cette étude a testé cette logique intuitive dans un grand échantillon d’enfants représentatif de la population québécoise.

«Nous avons suivi une cohorte d’enfants sur quelques années pour déterminer si la participation continue à des activités physiques organisées entre 6 et 10 ans était associée à un risque moins grand de détresse émotionnelle, d’anxiété, de timidité et de retrait social à 12 ans. Notre but était de voir si la participation sportive contribuait à réduire les difficultés émotionnelles au-delà d’autres caractéristiques des enfants et de leur famille», résume le chercheur.

«Et ces avantages ont bel et bien été observés au-delà des caractéristiques préexistantes des enfants et de leur famille», confirme Linda S. Pagani, chercheuse au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine et à l’UdeM, qui a participé à l’étude.

Pour ce faire, le professeur Brière et son équipe ont examiné des données de la cohorte 1997-1998 de l’Étude longitudinale du développement des enfants du Québec (ELDEQ), une étude longitudinale publique coordonnée par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ). La participation à des activités physiques organisées a été rapportée par les mères des enfants de 6 à 10 ans. La détresse émotionnelle, l’anxiété, la timidité et le retrait social des enfants à 12 ans ont été cotés par leurs enseignants.

«L’adaptation émotionnelle au moment de la transition du primaire au secondaire est particulièrement importante pour les enfants, qui s’apprêtent à entrer dans un univers plus vaste, plus complexe et plus exigeant. Notre étude soutient les recommandations canadiennes en matière d’activité physique chez les enfants», conclut Frédéric N. Brière.

À propos de l’étude

Frédéric N. Brière., Arianne Imbeault, Gary Goldfield et Linda S. Pagani ont publié l’article «Consistent participation in organized physical activity predicts emotional adjustment in children» dans l’édition de mai de la revue Pediatric Research.

Frédéric N. Brière et Linda S. Pagani sont professeurs à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal. Linda S. Pagani est aussi chercheuse à l’axe Cerveau et développement de l’enfant au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine. Arianne Imbeault est une étudiante à la maîtrise sous la direction du professeur Brière. Gary Goldfield est professeur associé à l’Université d’Ottawa et chercheur principal au Children’s Hospital of Eastern Ontario Research Institute. Cette étude a été financée par le Centre de recherches en sciences humaines du Canada.

Les données de l’ELDEQ (coordonnée par l’ISQ) ont été utilisées pour cette étude. L’ELDEQ a été rendue possible grâce au financement de la Fondation Lucie et André Chagnon, de l’ISQ, du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, du ministère de la Famille, de l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail, du CHU Sainte-Justine et du ministère de la Santé et des Services sociaux.

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