Deux bijoux de films sur l’UdeM sont dévoilés par les Archives

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  • Le 18 mars 2021

  • Mathieu-Robert Sauvé
«L’arbre», produit par Niagara Films en 1961

«L’arbre», produit par Niagara Films en 1961

Crédit : Archives UdeM

En 5 secondes

La Division de la gestion de documents et des archives diffuse en format numérique des films sur l’UdeM tournés entre 1947 et 1971.

Céline Widmer

«Je m’universifie, ça veut dire qu’on rentre à l’université, qu’on participe à des activités étudiantes et qu’on n’est plus des numéros; qu’on est des individus», dit une jeune femme dans un film 16 mm tourné en 1971. Production du Centre audiovisuel et du Bureau de l'information de l'Université de Montréal (aujourd’hui le Bureau des communications et des relations publiques), ce document de 24 minutes intitulé Je m’universifie fait la promotion de la «plus grande université de langue française d’Amérique». 

Il vient d’être mis en ligne par la Division de la gestion de documents et des archives de l'UdeM en versions abrégée et intégrale. «C’est un des deux films que nous remettons en circulation grâce aux différentes plateformes numériques. Pour nous, ces documents en disent beaucoup sur l’histoire institutionnelle», explique l’archiviste Céline Widmer, qui a orchestré le projet avec des stagiaires de l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information. 

Le second film, L’arbre, est une réalisation du cinéaste français Jacques Marcerou, de passage à Montréal au début des années 60. Le court métrage tourné en 35 mm est un film promotionnel sur l’Université de Montréal produit par Niagara Films, propriété du journaliste scientifique Fernand Seguin – qui en assure la narration. L’arbre est, selon le texte d’accompagnement, «un véritable bijou d’archives, qui nous permet d’accéder au patrimoine de l’UdeM et, non sans un brin de nostalgie, nous offre un témoignage culturel de la vie universitaire des années 60». 

Un troisième film encore plus ancien, tourné en 1947, est en cours de traitement. Le foyer du progrès, produit par Associated Screen News, «fait la promotion des services et facilités de l'Université de Montréal». Le film, bilingue, présente des prises de vue aériennes de Montréal et du campus.

Denys Arcand ingénieur?

Le film L’arbre relate la dernière journée de travail d’un concierge. «En poste depuis de nombreuses années, il affirme avoir vu l’institution “grandir et pousser tel un arbre”, d’où la métaphore derrière le titre. Filmé dans les couloirs du pavillon Roger-Gaudry, M. Dupuis observe la jeunesse de langue française en plein éveil. Alors que, dans les salles de classe, elle est initiée aux sciences humaines, sociales, professionnelles et appliquées, dans les laboratoires, elle contribue au progrès de la science et de la recherche», écrit la stagiaire Caroline Chiasson, qui a documenté ce film en 2020. 

Un critique de cinéma de l’époque qui deviendra lui-même cinéaste, Jean-Pierre Lefebvre, avait démoli le film en soulignant l’absence de rythme et l’utilisation d’«effets symboliques désuets». Mais sa principale diatribe ciblait son côté promotionnel. «Les auteurs du film nous montrent toutes sortes de belles et bonnes choses, sauf de vrais étudiants», mentionnait-il dans la revue Objectif. 

Un exemple: le cinéaste oscarisé Denys Arcand, étudiant en histoire et littérature à l’Université de Montréal de 1960 à 1962, apparaît brièvement dans le film pour témoigner des «richesses du campus». «Il personnalise René Paquette, jeune diplômé de Polytechnique», écrit encore Mme Chiasson.

Premier documentaire couleur en 35 mm

Le bibliothécaire Nino Gabrielli a effectué pour son propre plaisir quelques recherches sur cette trouvaille et découvert que le film aurait tenu l’affiche au «cinéma Laval». Selon un article de l’hebdomadaire Photo journal du 23 décembre 1961, il s’agirait du premier documentaire canadien en couleurs et en 35 mm, ce qui en ferait une pièce importante de l’histoire du cinéma. 

Citant l’historien du cinéma Denys Desjardins, consulté pour l’occasion, Nino Gabrielli rapporte que la compagnie Niagara Films était à l’époque un des producteurs majeurs au pays «grâce à l'immense popularité de Fernand Seguin». En 1962, elle est acquise par Pierre et André Lamy et devient Onyx Films. L’entreprise connaîtra du succès jusqu'à la production du long métrage Deux femmes en or, de Claude Fournier (1970), qui va la «précipiter vers la faillite»…

  • «Le foyer du progrès», 1947

    Crédit : Archives UdeM
  • «Le foyer du progrès», 1947

    Crédit : Archives UdeM
  • «Le foyer du progrès», 1947

    Crédit : Archives UdeM
  • «Je m’universifie», 1971

    Crédit : Archives UdeM
  • «Je m’universifie», 1971

    Crédit : Archives UdeM
  • «Je m’universifie», 1971

    Crédit : Archives UdeM
  • «L’arbre», 1961

    Crédit : Archives UdeM
  • «Je m’universifie», 1971

    Crédit : Archives UdeM
  • «L’arbre», 1961

    Crédit : Archives UdeM
  • «L’arbre», 1961

    Crédit : Archives UdeM
  • «L’arbre», 1961

    Crédit : Archives UdeM

Pour visionner les films

Je m’universifie

Version complète: https://www.youtube.com/watch?v=1KY2F6TfGW0

Version abrégée: https://www.youtube.com/watch?v=9i2Al8ovam4

Facebook: https://www.facebook.com/ArchivesUdeM/posts/3240215166064616

L’arbre

Version complète: https://www.youtube.com/watch?v=mwL2kp5XbzI

Version abrégée: https://www.youtube.com/watch?v=kKdVlR_dXi0