Un site témoin de la sédentarisation de l’humain
Situé dans la province de Kermanchah, en Iran, le site de Ganj Dareh est un monticule de 7 m de haut et 40 m de diamètre qui aurait été occupé par l’humain il y a environ 10 200 ans sur une période de 300 à 600 ans. «C’est bref sur le plan archéologique, mais ce fut très dense sur le plan du progrès technique, indique Julien Riel-Salvatore. On y a notamment trouvé des objets en argile, des briques qui avaient été séchées au soleil ainsi que des outils de pierre taillée.»
Philip Smith s’est rendu sur place une première fois en 1965 pour y amorcer des fouilles. Celui qui a été l’un des premiers archéologues du Département d’anthropologie de l’UdeM est retourné à Ganj Dareh à quatre autres reprises, ce qui lui a permis d’excaver 20 % des cinq niveaux d’occupation du site.
«Après 1974, les fouilles ont été interrompues, mais Philip Smith a pu rapporter beaucoup de matériel, dont des ossements d’animaux et d’humains, des restes végétaux, des échantillons de sédiments et différents artéfacts», poursuit le professeur.
L’ensemble de ce matériel a été confié à trois établissements: les restes humains à l’Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique, les restes d’animaux à l’Institut Smithsonian, à Washington, tandis que la collection conservée à l’UdeM contient, entre autres, de nombreux échantillons sédimentaires, architecturaux et de charbon de bois, des outils en os, en pierre et en argile ainsi que les notes de fouilles du professeur Smith.
Récemment, l’analyse d’échantillons de collagène extrait d’ossements animaux a mis en lumière la présence de chèvres sur le site, une preuve de domestication animale par l’humain et, conséquemment, de sa sédentarisation. Plus encore, la datation de restes végétaux a révélé la présence d’orge et de lentilles cultivées. «Ganj Dareh était l’un des points chauds de la recherche sur la préhistoire et du passage à l’agriculture», ajoute M. Riel-Salvatore.