Les effets des mutations du SRAS-CoV-2 sur la réponse immunitaire
Au début de la crise sanitaire, la plupart des scientifiques avaient les yeux rivés sur les anticorps susceptibles de neutraliser le virus, laissant dans l’angle mort l’autre composant du système immunitaire: les lymphocytes T qui attaquent les cellules infectées. Et peu d’entre eux anticipaient les nombreuses mutations que connaîtrait le SRAS-CoV-2 et les effets de celles-ci sur les fameux globules blancs.
Au Caron Lab, un laboratoire où l’on travaille à détecter les nouvelles formes d’antigènes spécifiques aux tumeurs en vue de concevoir des vaccins contre le cancer, l’équipe a tout de suite perçu cette éventualité. «Nous savions que le virus allait muter», expose Étienne Caron, expert du système immunitaire adaptatif et professeur adjoint au Département de pathologie et biologie cellulaire de la Faculté de médecine de l’UdeM.
C’est à la suite d’un appel de David Hamelin, candidat à la maîtrise en bio-informatique à l'Université de Victoria, que l’équipe du laboratoire a décidé de mettre en place un important projet de recherche, intitulé «Analyse du paysage mutationnel des variants de SARS-CoV-2: implications dans l’évasion des épitopes des cellules T et la résistance au vaccin».
«David Hamelin souhaitait combiner son expérience en spectrométrie de masse avec sa passion pour l'informatique afin d’étudier les mutations du virus. Comme les travaux impliquaient beaucoup de séquençage génomique, je lui ai suggéré de contacter Julie Hussin, directrice du groupe de bio-informatique OMICS à l’Institut de cardiologie de Montréal. Il a établi un pont entre elle, experte en génomique des populations, et moi, expert en immunothérapie du cancer. De cette rencontre improbable est né le projet», relate Étienne Caron.