Urgence climatique, écoanxiété, alarmisme et optimisme technologique
Dans les années 60-70, les signes de la pollution ambiante étaient visibles et palpables. Par exemple, de nombreux lacs et rivières étaient interdits à la baignade et il n’était pas rare d’y voir flotter des poissons morts asphyxiés.
Depuis, différentes actions ont été menées en amont afin de pallier certains problèmes découlant de la pollution. Mais aujourd’hui, l’enjeu est global.
«Les défis liés à l’environnement et aux changements climatiques sont d’un tout autre ordre et peuvent nous paraître lointains, indique Sébastien Sauvé. Mais le discours entourant ces enjeux a-t-il changé et, surtout, en quoi nous incite-t-il à poser des gestes plus concrets?»
«Ça fait longtemps que le GIEC et plusieurs autres organisations nous disent que les changements climatiques représentent le plus important défi auquel l’humanité fait face, ajoute Sara Teitelbaum. Mais les actions et les solutions tardent à être mises en place de sorte qu’on observe à la fois une désinvolture collective et un discours catastrophiste qui cause de l’écoanxiété chez plusieurs…»
«L’alarmisme peut s’avérer contre-productif, car les gens peuvent finir par décrocher, estime Sébastien Sauvé. Il est faux de croire que si rien n’est fait d’ici trois ans, ce sera la fin du monde… Mais la situation nécessitera des efforts qu’on n’aura pas le choix de faire et des coûts plus élevés à assumer.»
Pour Sara Teitelbaum, le discours technologique prôné par le modèle capitaliste entretient un espoir exagéré.
«Le techno-optimisme occupe beaucoup de place dans l’espace public, comme la promesse de technologies de captation du carbone ainsi que les véhicules électriques et autres qui donnent l’impression que tout va se régler par les moyens techniques, déplore-t-elle. Les solutions plus radicales, qui impliquent une réorganisation plus importante de la société, sont nettement moins visibles.»