Recoller les morceaux
C’est le croisement des données et des disciplines qui permet ainsi d’esquisser un tableau global et de révéler les secrets des vestiges subaquatiques. «L’archéologie est un véritable casse-tête, mais vous ne savez pas si vous avez toutes les pièces et vous n’avez aucune idée de l’image sur la boîte!» ajoute l’archéologue en riant.
À la plongée se greffe également un important travail de détective: traitement des données, modélisation 3D, comparaison avec des plans anciens, analyse des archives, autopsie des artéfacts trouvés sous l’eau. Le tout afin de reconstituer le quotidien et l’environnement des générations passées.
«Sur les épaves, la culture matérielle nous renseigne sur une multitude d’éléments: les modes de l’époque, les hiérarchies socioéconomiques à bord, les loisirs des marins, l’architecture navale. Chacun de ces détails nous aide ensuite à dater, caractériser ou comprendre les épaves et les circonstances de leur naufrage.»
Et quand cette investigation porte ses fruits, c’est l’exaltation. Comme lorsqu’Aimie Néron et ses collègues de l’IRHMAS ont identifié des morceaux d’épave associés au fort Saint-Jean, situé au bord de la rivière Richelieu.
«C’est une découverte d’importance historique, puisque jusqu’ici nous croyions qu’il s’agissait d’éléments de quai, s’enthousiasme la plongeuse. Dans le contexte de la Richelieu et du fort, cette épave pourrait être liée à la guerre de l’Indépendance américaine ou à la guerre anglo-américaine de 1812.»