La rencontre s’est ouverte par une allocution de la vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland, qui, au vu du contexte universitaire, a dit que l’Ukraine était actuellement notre enseignant et les démocraties du monde les étudiants.
Puis est apparu Volodymyr Zelensky, vêtu d’un treillis vert et affichant son habituel flegme.
Il a livré un poignant discours sur les différences entre sa dernière visite au Canada, en 2019 à Toronto, et sa présence virtuelle actuelle.
«Il y a trois ans, je parlais de ma vision de bâtir un pays transparent, aux valeurs libérales, et je partageais mon rêve de faire entrer l’Ukraine dans un monde moderne, a-t-il affirmé avec la prestance qu’on lui connaît. Aujourd’hui, les murs de nos bâtiments sont transparents, mais parce que criblés de balles, nous devons restaurer bien plus que le Donbass et la défense du pays est notre principale préoccupation. Mais nos objectifs n’ont pas changé: nous nous battons encore pour le futur, nous sommes unis pour la liberté.»
S’en est suivie une séance de questions-réponses avec les communautés étudiantes de l’Université de Toronto, l’Université de Montréal, l’Université de Calgary, l’Université de l’Alberta, l’Université de la Saskatchewan et l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, les 6 établissements qui ont pu s’adresser directement au président ukrainien parmi les 11 présents d’un océan à l’autre.
À l’UdeM, c’est Vincent Perras, bachelier en histoire qui commencera une maîtrise à l’automne, qui a été choisi pour poser la question suivante: comment des organisations internationales comme l’OTAN, les Nations unies ou le Conseil de sécurité de l’ONU pourraient-elles être réformées pour prévenir de prochaines crises internationales?
Le président ukrainien a répondu qu’il fallait d’abord moderniser les instances en fonction des évolutions technologiques et sociales. «Les gens ont évolué, mais les lois et les règles non», a-t-il ajouté.
Dans ses autres réponses, le président Zelensky a notamment témoigné son admiration pour le peuple ukrainien qui se bat au quotidien, même à petite échelle. Il a remercié la communauté étudiante ukrainienne partie étudier à l’étranger qui un jour rapportera en Ukraine des savoirs essentiels pour l’avenir du pays. Il a rappelé que les médias sociaux sont des armes parfois plus puissantes que les bombes, puisqu’ils permettent de partager la vérité et il a exhorté la communauté internationale à ne pas laisser l’Ukraine et son invasion sombrer dans l’oubli.