Les preuves ne sont plus à faire: dormir peu est associé à un risque accru de problèmes de santé. Nombre d’études montrent que le manque de sommeil entraîne à court terme une dégradation dans la régulation de la glycémie, une diminution de l’efficacité du système immunitaire, des problèmes cardiovasculaires, cognitifs et de mémoire, une augmentation de la somnolence, indique Julie Carrier.
«À long terme, on parle alors d’une hausse de divers troubles de santé physique, émotionnelle et cognitive. Par exemple, en connaissant le nombre d’heures que les gens dorment, on peut prévoir le développement de maladies neurodégénératives», ajoute-t-elle.
Si les résultats de cette étude peuvent inciter à conclure que dormir «trop» serait aussi dommageable, la chercheuse tient à préciser qu’aucune étude expérimentale n’a jamais prouvé que de longues heures de sommeil avaient des effets nocifs sur la santé.
«Il faut comprendre que l’étude découle d’un croisement entre des données de sommeil autodéclarées et des données statistiques sur les risques de mortalité associés à la durée du sommeil, mentionne la chercheuse. Il est donc impossible d’isoler parfaitement le sommeil dans tous les paramètres de la santé. Aussi, nous savons que le nombre d’heures de sommeil requises chez les petits et grands dormeurs dépend en partie d’un facteur génétique, mais nous ignorons précisément quels gènes sont en cause et s’ils sont, par exemple, également liés à une mortalité précoce. Finalement, prenons en compte que le fait de dormir soudainement beaucoup plus peut être le signe d’un problème sous-jacent, comme une dépression. Donc, dormir trop devient inquiétant quand c’est en rupture avec les habitudes de sommeil et il faut alors aller consulter.»