Vivre pendant deux ans dans un camp de réfugiés
Roxane Caron s’intéresse depuis près de 20 ans au sort réservé aux personnes qui vivent dans des camps de réfugiés. Après avoir travaillé un an en coopération internationale à titre d'intervenante au Kazakhstan, elle a séjourné pendant six mois dans le camp de Bourj el-Barajneh, au Liban, au cours de ses études de maîtrise en travail social. Elle y est retournée pendant 18 mois pour y mener ses travaux de recherche doctorale.
«Je m’intéresse plus particulièrement aux réalités des femmes dans les camps de réfugiés et, pour saisir leur quotidien et le rapport qu’elles entretiennent avec leur espace, il était important pour moi d’aller vivre à leurs côtés», explique la professeure.
Certaines des femmes qu’elle a côtoyées au cours de ces deux années sont installées dans le camp de Bourj el-Barajneh depuis des décennies, voire depuis un demi-siècle… «On parle ici d’un exil pérenne au cours duquel ces femmes ont construit leur habitation de leurs propres mains dans un environnement qui change sans cesse», dit-elle.
Roxane Caron se préoccupe aussi du sort des réfugiés qui parviennent à se poser après avoir transité par plusieurs camps ou pays au fil des ans.
«Lorsqu’on intervient en travail social, il faut tenir compte des étapes de vie qu’ont traversées ces gens qui, par exemple, peuvent avoir eu des enfants pendant leur exil ou vécu une séparation ou encore un deuil», illustre-t-elle.
Professeure à l’École de travail social de l’UdeM depuis 2013, Roxane Caron est restée en contact avec les autorités du camp de réfugiés palestiniens au Liban, où elle retourne, souvent accompagnée d’étudiantes et d’étudiants, pour mener ses travaux.
«En travail social international, c’est important de connaître les réseaux avec lesquels on agit, car c’est ce qui permet de mieux intervenir en collaboration avec les organismes locaux et internationaux», insiste Roxane Caron. S’engager dans des organismes communautaires fait aussi partie du travail pour mieux comprendre les réalités officielles et celles du terrain des camps de réfugiés.