Une population hétérogène
Quand Jean Proulx a commencé sa carrière, les équipes de recherche s’intéressaient surtout aux prédicteurs de la délinquance sexuelle, aux facteurs qui mènent aux agressions.
Mais pour le psychologue, la clé de la compréhension de ces actes résidait dans l’hétérogénéité des trajectoires qui conduisent aux agressions sexuelles. Reconnaître des sous-groupes à l’intérieur de chacun des groupes aura ainsi toujours été son projet de carrière, pour comprendre de manière beaucoup plus fine les agresseurs et leurs agressions et retracer l’histoire qui mène à commettre ces crimes.
«Certains agresseurs ont, certes, des profils dits classiques: émotions négatives, fantaisies sexuelles déviantes, distorsions cognitives, etc., explique-t-il. Mais d’autres n’ont pas d’affects négatifs, au contraire ils se perçoivent comme les meilleurs, ou n’ont aucune fantaisie; s’ils veulent une femme, ils la prennent. Il y a des agresseurs d’enfants qui ont des affects très positifs envers les enfants, ils disent être amoureux d’eux et ont des activités autres que sexuelles avec eux.»