En établissement carcéral, enfreindre les règles peut mener à être placé seul dans une cellule pendant parfois 24, 48 ou 72 heures. Bien qu’il soit fréquemment dénoncé, l’isolement disciplinaire – le fameux «trou» – continue d’être utilisé largement dans les prisons provinciales du Québec.
En imposant une sanction, on souhaite modifier les comportements répréhensibles (violence, insubordination, possession d’objets interdits, etc.) afin qu’ils ne se reproduisent plus. Mais cette mesure disciplinaire atteint-elle vraiment ses objectifs?
Voilà qu’une récente méta-analyse remet fortement en question l’efficacité de cette pratique: l’isolement disciplinaire ne réduirait pas la probabilité de commettre des infractions lors de la réintégration dans la population carcérale générale. Il pourrait même l’augmenter.
«À l’échelle des groupes étudiés, l’effet est globalement nul, voire négatif», indique le Dr Alexandre Dumais, professeur de clinique au Département de psychiatrie et d’addictologie de l’Université de Montréal, psychiatre à l’Institut national de psychiatrie légale Philippe-Pinel et à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et coauteur de l’étude.
De plus, poursuit-il, lorsqu’étaient comparés des détenus aux profils criminologiques similaires, mais dont certains étaient envoyés en isolement et d’autres non, le risque de comportements inadéquats demeurait plus élevé chez ceux qui avaient été isolés.