Les médias sociaux semblent avoir une influence profonde sur l’opinion que les jeunes ont d’eux-mêmes. L’exposition prolongée et le partage d’images produites par les pairs faisant la promotion de standards de beauté et de minceur non réalistes font naître des préoccupations quant à l’image corporelle et au poids. En valorisant le partage d’images parfaites et surfaites au moyen d’une spirale de renforcement qui favorise les images considérées comme les plus populaires, les médias sociaux contribuent ainsi à créer une représentation biaisée de la société.
«Il est urgent que les plateformes de médias sociaux collaborent en toute transparence avec les scientifiques. Les propriétaires devront choisir entre leurs profits et la santé mentale de leurs utilisateurs afin de trouver rapidement des solutions pour limiter les répercussions physiques et psychologiques des réseaux sociaux sur les jeunes, insiste Patricia J. Conrod. Jusqu’à maintenant, les chercheurs n’ont eu aucun accès à la structure et au fonctionnement interne de ces plateformes. En attendant plus d’ouverture, nous devons conscientiser les jeunes à leurs effets insidieux.»
De plus en plus de jeunes choisissent d’ailleurs des plateformes qui préviennent le partage des photos et encouragent les utilisateurs à présenter des images plus réalistes et dans un environnement normal.
Au total, 3800 jeunes dans une trentaine d’écoles secondaires du grand Montréal ont été interrogés annuellement sur une période de cinq ans dans le cadre de cette étude.