Ratisser plus large
Les patients de cette étude étaient tous traités par inhibiteurs de points de contrôle immunitaire (ICI), une forme d’immunothérapie qui figure aujourd’hui au premier plan de la prise en charge des personnes souffrant d’un mélanome.
Les ICI activent de façon ciblée le système immunitaire pour qu’il attaque avec précision les cellules cancéreuses. Grâce à des travaux récents du Dr Routy, la composition du microbiote intestinal est désormais considérée comme l’une des caractéristiques du cancer et plusieurs stratégies visant à la modifier pour améliorer l’activité des ICI – comme la greffe fécale – sont à l’étude.
Toutefois, les recherches sont plus largement axées sur le tractus gastro-intestinal inférieur (intestins, appendice, rectum), plutôt que sur la partie supérieure (bouche, pharynx, œsophage, estomac).
Pour la Dre Tonneau, les résultats de cette étude devraient inciter la communauté scientifique à s’intéresser davantage à cette portion du système digestif dans le domaine de l’immuno-oncologie.
«Helicobacter pylori colonise la muqueuse de l’estomac et est présente chez plus de 50 % de la population mondiale, rappelle la chercheuse. Au-delà de l’effet local dans l’estomac mis en lumière, notre étude donne à penser que la séropositivité pour H. pylori a le potentiel d’altérer la réponse immunitaire systémique, notamment en modifiant la polarisation des lymphocytes T. C’est une autre preuve que le microbiote intestinal a un rôle à jouer dans les cancers, mais pas seulement le cancer intestinal.»
La chercheuse ajoute qu’il reste indispensable de valider ces résultats par des études prospectives plus larges et de mettre au point de nouvelles stratégies pour éradiquer H. pylori dans le cadre de traitements immuno-oncologiques.