La santé sexuelle à risque
Les problèmes sexuels liés à des troubles neurologiques – comme la démence, l’épilepsie, l’accident vasculaire cérébral, la sclérose latérale amyotrophique, les lésions cérébrales causées par un traumatisme craniocérébral (TCC) – peuvent se décliner sous plusieurs formes: diminution du désir sexuel, difficulté à atteindre l’orgasme et à fantasmer, changement dans l’image corporelle, dysfonction érectile, dépression associée à une baisse de l’énergie sexuelle, apparition de comportements sexuels à risque.
«Généralement, un TCC peut s’accompagner de symptômes d’hyposexualité telle une perte de la libido. Dans certains cas plus exceptionnels, un TCC peut causer une exacerbation du désir sexuel et mener, par exemple, à l’hypersexualité, c’est-à-dire une compulsion, une impossibilité de maîtriser son comportement, un besoin incontrôlable d’aborder des étrangers dans un but érotique. Dans les deux cas, l’entourage de ces personnes rapporte ne plus reconnaître leur proche, comme si la personne d’avant n’existait plus», souligne Jhon Alexander Moreno.
En tant que nouveau domaine d’étude et de pratique, la neurosexualité invite ainsi les professionnelles et les professionnels de la santé à intégrer la sexualité à l’évaluation clinique de ces individus.
«La santé sexuelle fait partie de la santé générale, elle doit donc être comptée parmi toutes les autres dimensions de la réadaptation, comme la mobilité, la participation sociale, la cognition et les émotions, affirme le chercheur. Ces aspects sont touchés par les troubles neurologiques, mais jouent aussi un rôle dans la sexualité. Et les résultats de mes recherches ont montré qu’il n’est pas automatique d’associer les lésions cérébrales à la sexualité, ce pour quoi le concept de neurosexualité existe et gagnerait à être plus connu.»