Étudier l’imaginaire sexuel
Cette étude fait partie d’un projet de recherche plus vaste sur les violences sexuelles dont les participantes et participants ont été recrutés au King’s University College et sur les réseaux sociaux. L’équipe de recherche a constitué un échantillon de 307 personnes âgées en moyenne de 28 ans et résidant au Canada et aux États-Unis.
Parmi les nombreuses dimensions explorées figuraient les fantasmes sexuels, mesurés à l’aide de tests psychométriques. Une seule question portait sur la fréquence des fantasmes zoophiles, avec des choix allant de «jamais» à «régulièrement». L’équipe a ensuite regroupé les réponses selon que les gens n’en avaient jamais eu ou en avaient eu au moins une fois.
Ils ont été 46 % à indiquer avoir déjà eu, au moins une fois dans leur vie, un fantasme mettant en scène un animal. Un chiffre particulièrement élevé, en apparente contradiction avec les résultats d’études antérieures, qui situaient ce taux entre 2 et 8 % de la population. Comment expliquer un tel écart? La chercheuse avance plusieurs pistes. D’une part, la formulation des questions varie beaucoup d’une étude à l’autre. Un fantasme fugace, survenu une fois dans une vie, peut être suffisant pour faire basculer une réponse vers l’affirmative. D’autre part, il est possible que les gens qui choisissent de prendre part à une étude sur la sexualité soient, par définition, plus ouverts ou plus à l’aise avec des imaginaires sexuels non conformistes. «En ce sens, l’échantillon est dit de “convenance”: il n’est pas représentatif de la population générale, ce qui invite à la prudence dans les interprétations», explique Alexandra Zidenberg.