Des écarts marqués
Les jeunes qui ont répondu au questionnaire de la doctorante formaient un groupe plutôt homogène: la majorité se disaient hétérosexuels (ou cisgenres), tandis que la diversité de genre caractérisait 1,5 % des répondants et répondantes et la diversité sexuelle 17,9 %.
Globalement, les résultats indiquent que 73 % des filles affirment avoir déjà atteint l'orgasme, que ce soit par la masturbation ou avec un ou une partenaire, comparativement à 85 % des garçons.
«Lorsqu’on applique la régression statistique, qui permet de prédire la valeur d'une variable dépendante – l’orgasme – en fonction d'une variable indépendante – le genre – tout en contrôlant d’autres variables associées telles que l’expérience sexuelle dans ce cas, on obtient un ratio de 45 %, ce qui signifie que les filles ont presque deux fois moins de chances d’atteindre l’orgasme que les garçons en se masturbant; ce ratio est de 56 % pour l’orgasme avec un ou une partenaire lors d’activités sexuelles», précise Alice Girouard, dont les travaux sont menés sous la direction de la professeure Sophie Bergeron, du Département de psychologie de l’UdeM.
L'étude révèle également que la configuration amoureuse joue un rôle important. Les filles en couple avec des garçons sont particulièrement désavantagées comparativement aux filles en couple avec une autre fille et aux garçons en couple avec une fille. «Chez les adolescents, non seulement le genre a une incidence, mais aussi celui de la personne avec qui ils sont en relation», dit Alice Girouard.