Plusieurs études ont démontré que la précarité des femmes s’est accentuée avec la pandémie de COVID-19, qui a fait reculer l’égalité des tâches: la difficulté à concilier le travail et la maison a ainsi alourdi considérablement leur charge mentale. Cette réalité est très peu prise en compte par les employeurs.
Il y a aussi la «fatigue du soin» qui a pris de l’ampleur chez les femmes, elles qui subissent les injonctions du care, souvent camouflées par des discours naturalisants – les femmes seraient plus sensibles, douces, dévouées, etc. – et coloniaux – les femmes racisées font souvent le travail de care le moins reconnu et le plus pénible. Les conditions des personnes qui travaillent dans les services de santé et les services sociaux devraient être restructurées bien au-delà de la question salariale afin de permettre à ces individus de faire leur travail sans se sentir bafoués dans leur dignité.
Un autre recul notable, qui est davantage présent en Europe mais qu’on peut voir ici aussi, est l’appropriation du discours féministe par la droite et l’extrême droite, déformé de façon à justifier la xénophobie, en véhiculant des messages selon lesquels on doit protéger les «vraies femmes» contre les étrangers ou les personnes qui ne sont pas de «vraies femmes», comme les personnes trans…
Plus positivement, on assiste à une meilleure reconnaissance des femmes aux trajectoires variées et dont les œuvres abordent les questions trans, décoloniales, capacitistes, de classe et autres dans le domaine des arts et de la scène, permettant ainsi de prêter une attention à des situations encore trop ignorées et, par là, de contribuer à changer les mentalités.
Pour en savoir plus sur le DESS en études féministes, des genres et des sexualités.