Plus qu’une question de fatigue
«Contrairement aux adultes, les enfants qui souffrent d’apnée du sommeil ne se plaignent pas nécessairement de somnolence diurne excessive, il n’est donc pas rare que les parents ne s’en aperçoivent pas», souligne Nelly Huynh.
La chercheuse précise que les enfants vont plutôt avoir tendance à être irritables ou impatients, à présenter des difficultés d’apprentissage, un retard de croissance ou des troubles du comportement et de l’attention. Certaines études laissent d’ailleurs entendre qu’il y aurait un lien entre l’AOS et le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité.
«Le sommeil permet la régulation de l’humeur, en plus de l’encodage sur les plans cognitif, moteur, immunitaire, endocrinien et cardiovasculaire. C’est aussi pendant la nuit qu’il y a le plus gros pic de sécrétion de l’hormone de croissance. Et quand toutes ces fonctions sont perturbées par une mauvaise oxygénation et une fragmentation du sommeil chez un individu en plein développement, les conséquences sont potentiellement graves», signale Nelly Huynh.
Heureusement, les traitements de l’AOS sont généralement efficaces et varient en fonction de la cause de l’apnée. Par exemple, si elle est d’origine anatomique (hypertrophie des amygdales), la chirurgie est l’option privilégiée. Pour les malformations craniofaciales, des traitements orthodontiques peuvent notamment permettre une expansion palatine ou un guidage de la mandibule vers l’avant pour dégager les voies respiratoires. Autrement, le recours à un appareil de ventilation en pression positive continue est aussi envisageable.