Scientifiques en herbe

En 5 secondes Les 23 et 30 juin, la coordonnatrice des laboratoires du Département d’anthropologie Claire St-Germain a fait découvrir à des petits visiteurs la collection de l’Ostéothèque de Montréal.
Claire St-Germain a fait découvrir à des petits visiteurs la collection de l’Ostéothèque de Montréal

«Est-ce que c’est un dinosaure?» «Est-ce qu’il est mort?» «Qui l’a tué?» En cette matinée du 23 juin, les questions fusaient. Ce sont une quinzaine d’enfants de quatre à cinq ans du Centre de la petite enfance (CPE) de l’Université de Montréal qui ont visité l’Ostéothèque au Département d’anthropologie de l’Université. Un deuxième groupe s’y est déplacé le 30 juin en avant-midi. L’activité avait été organisée en collaboration avec le département et le CPE, «qui se démarque depuis plusieurs années des points de vue de l’éducation par la nature et du développement durable», fait valoir Catherine Paulin, qui vient de terminer son doctorat en histoire à l’UdeM.

C’est elle, dont la fillette de quatre ans et demi fréquente le CPE, qui a eu l’idée de cette virée. «Elle me posait beaucoup de questions sur les os, le corps, la différence entre les os d’animaux et ceux d’humains», relate Catherine Paulin. Elle contacte alors Claire St-Germain, zooarchéologue et coordonnatrice des laboratoires du Département d’anthropologie, avec qui elle avait déjà collaboré dans différents projets. «L’Ostéothèque est un lieu unique, et nous avons la chance de l’avoir ici, à l’UdeM», souligne celle qui est aussi chargée de cours au Département d’histoire.

Claire St-Germain accepte immédiatement, malgré le défi de s’adresser à un si jeune public: «Je fais régulièrement des visites pour les groupes scolaires et le grand public, mais jamais pour les tout-petits. J’ai dû adapter mon discours», raconte celle qui, en initiant les enfants à la science, espère allumer des étincelles.

Éveil à la démarche scientifique

En plus d’éveiller les enfants à la démarche scientifique (observer, comparer, poser des questions), la visite leur a fait découvrir le travail des archéologues et la façon dont l’alimentation, l’environnement et le mode de vie ont un effet sur l’apparence des squelettes des animaux. «C’est une occasion de cultiver une curiosité saine et respectueuse à l’égard de la nature et de l’histoire», croit Catherine Paulin. 

Claire St-Germain a accueilli les visiteurs au Laboratoire de zooarchéologie du Département d’anthropologie, où elle les a fait prendre place pour échanger sur son métier d’archéologue. «C’est quelqu’un qui cherche des os dans la terre», a avancé un petit participant. Elle leur a aussi présenté l’Ostéothèque, cette grande bibliothèque d’os avec laquelle elle travaille, qui comprend en majorité des squelettes d’animaux indigènes du Québec. «Ce qui distingue notre collection, c’est qu’on y trouve des animaux des cinq classes, notamment beaucoup de poissons. C’est la seule aussi complète au Québec», nous a-t-elle confié avant la visite. La collection, qui depuis plus de 25 ans était hébergée au pavillon Lionel-Groulx, mais gérée par un organisme sans but lucratif, vient d’ailleurs d’être cédée à l’Université de Montréal. 

En comparant les os trouvés sur les sites archéologiques avec la collection de référence de l’Ostéothèque, la zooarchéologue identifie à quelle espèce ils appartiennent, ce qui lui permet de mieux comprendre le mode de vie des humains d’autrefois. «Mon travail est de déterminer de quelles espèces proviennent les os, et je peux le faire parce que chacune a ses particularités», a résumé Claire St-Germain.

«Maintenant, c’est à vous de jouer!» a-t-elle poursuivi. Chaque enfant avait devant lui une petite boîte contenant un crâne qu’il pouvait observer et manipuler, pour ensuite tenter de deviner à quelle espèce il appartient. «A-t-il des dents? On classe les animaux selon ce qu’ils mangent: rongeur, carnivore, herbivore, omnivore…», a rappelé la coordonnatrice. 

À la fin de l’initiation, les enfants, enthousiastes, ont reçu un certificat de participation, mais surtout, ils sont repartis les yeux brillants et la tête remplie de questions. «C’est très valorisant de faire connaître mon travail au public, peu importe son âge, et de voir la passion dans les yeux des visiteurs», a conclu Claire St-Germain.

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