L’avancement du savoir plutôt que la compétition
Parmi les valeurs qui sous-tendent la science ouverte se trouve l’intérêt collectif, tel qu’il a été mis de l’avant dans le contexte récent de la pandémie de COVID-19. La production d’un vaccin a été accélérée grâce à la collaboration scientifique entre les pays, production dont les processus sont habituellement régis par la compétition et une course au brevet. Cette posture scientifique est particulièrement importante face aux problèmes planétaires de notre époque et doit être prise en considération dès l’amorce d’un programme de recherche aux cycles supérieurs.
Selon Vincent Larivière, professeur à l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information de l’Université de Montréal et directeur de la Chaire UNESCO sur la science ouverte nouvellement créée à l’UdeM, une personne au doctorat peut difficilement envisager une carrière en recherche sans connaître les principes de la science ouverte et y adhérer. «Ces principes sont en train de devenir la norme dans bon nombre de domaines et leur application est dans certains cas obligatoire pour certains organismes subventionnaires», dit-il.
Dans la même optique, les universités doivent davantage encourager les chercheurs et chercheuses à adopter une approche collective dans leurs travaux, promouvoir le partage et la réutilisation des données, plutôt que de valoriser uniquement le nombre de publications. «Il existe plusieurs idées fausses sur la science ouverte au sein de la communauté de recherche, ajoute Vincent Larivière. La principale est qu’il faut payer pour la mise en libre accès des articles scientifiques, ce qui est inexact. La quasi-totalité des revues permet le dépôt des articles dans des archives institutionnelles et disciplinaires.»