Trois profils d’exposition à la violence
La violence interpersonnelle étant de plus en plus documentée dans le sport, le projet d’Isabelle Daignault consistait à dresser des profils de victime et à distinguer différents contextes d’exposition – sports individuels ou de groupe, de niveau récréatif ou compétitif –, tout en analysant les effets sur les jeunes athlètes du cumul de différentes formes de violence.
Les données analysées ont été recueillies par l’entremise d’un sondage portant, entre autres, sur les violences physiques, psychologiques et sexuelles auxquelles ces jeunes – dont 72% de filles – ont été exposés dans la pratique de leur sport.
Dans un premier temps, les chercheuses ont identifié trois profils d’exposition à la violence au sein du groupe, soit :
- les victimes de violence psychologique par les pairs, parents et/ou entraineurs (52% des athlètes recensés);
- les polyvictimes, qui ont vécu toutes les formes de violence (sexuelle, physique et psychologique) commises par les pairs, des parents ou des entraineurs (10% des athlètes);
- les non-victimes, qui n’ont rapporté aucune forme de violence (38% des athlètes).
Dans l’ensemble du groupe, jusqu’à 68% des jeunes athlètes ont indiqué avoir vécu de la violence psychologique, un taux qu’Isabelle V. Daignault juge «préoccupant, d’autant plus que l’exposition à cette forme de violence a des conséquences néfastes sur la santé psychologique et les comportements athlétiques d’un grand nombre de jeunes», rappelle la professeure.