L'étude du Dr Di Noia a montré qu'une enzyme appelée PRMT1 pourrait apporter des réponses à certaines de ces questions.
Premièrement, la PRMT1 joue un rôle important dans la qualité de la réponse immunitaire. Lorsque cette enzyme est inexistante ou faible, la différenciation se produit trop rapidement, ne permettant pas au processus d’être optimal. En effet, les lymphocytes B qui se différencient trop tôt produisent des cellules plasmatiques et mémorielles de mauvaise qualité, qui à leur tour produiront des anticorps moins efficaces et une mémoire inefficace, compromettant ainsi le succès de la réponse immunitaire.
Ainsi, la PRMT1 agit comme un gardien du processus de prise de décision. Elle régule le rythme approprié définissant le moment idéal de la différenciation des lymphocytes B, ce qui leur laisse le temps d'améliorer leurs anticorps. Cela augmente l'efficacité des anticorps dans la circulation sanguine, permet le déclenchement de réponses mémoires de haute qualité et aboutit à une réponse immunitaire plus forte et plus efficace.
«Ces connaissances nous aident à mieux comprendre les conditions d'une vaccination efficace et ce qui se passe lorsqu'elle ne fonctionne pas bien», indique le Dr Di Noia.
Deuxièmement, l’enzyme PRMT1 agit également dans la croissance des cellules B cancéreuses à l'origine des lymphomes. Le lymphome se développe lorsque le système fonctionne mal, ce qui entraîne une prolifération indéfinie des cellules B, les empêchant de se différencier ou de mourir. L'équipe de l'IRCM a découvert que la PRMT1 est fortement exprimée dans certains échantillons biologiques humains de lymphomes et qu'une forte expression de l’enzyme dans les lymphomes à cellules B est associée à un mauvais pronostic.
Plus précisément, l'équipe a démontré qu'un excès de l’enzyme PRMT1 stimule la prolifération des cellules B cancéreuses, contribuant ainsi à la progression de la maladie. Cet excès empêche aussi la différenciation, qui pourtant à un effet suppresseur sur les tumeurs.