Une capacité d’adaptation hors du commun
C’est que les vers annélides des profondeurs s’avèrent irrésistibles d’un point de vue scientifique: vivant dans la noirceur absolue aux abords de cheminées hydrothermales situées à quelque 2500 m sous l’eau, ils subissent une pression 300 fois supérieure à celle qui prévaut à la surface, en plus d’être soumis à des variations de température oscillant entre 60 et 2 °C.
Leur présence a été découverte au début du 20e siècle, au cours d’une expédition de grattage des profondeurs, mais ce n’est qu’en 1977 qu’on les a vus pour la première fois dans la chaîne de montagnes sous-marine de l’est du Pacifique, où l’eau – chauffée dans le sous-sol par le magma – jaillit des cheminées thermales à une température de 300 °C.
«Ces vers ont un rôle écologique très important dans les écosystèmes qu’ils occupent, car ils créent de nouveaux habitats et permettent à plein d’autres espèces de s’installer, souligne Maéva Perez. Les écosystèmes marins des profondeurs sont aujourd’hui menacés par les intérêts miniers et il devient donc urgent de mieux comprendre leur écologie, leur évolution et leur capacité de résilience face aux activités humaines.»