Exposés à des émotions négatives au quotidien, les professionnels des relations d’aide (travailleurs sociaux, psychologues, psychoéducateurs, etc.) sont fortement à risque de contagion émotionnelle, ce qui peut entraîner stress et détresse. «Les enjeux émotionnels sont parmi les principaux facteurs d’épuisement professionnel, voire de dépression», dit Pierrich Plusquellec. C’est le constat que le professeur de l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal avait fait dans une étude précédente auprès de 700 intervenants et intervenantes de centres jeunesse. Parce que si l’empathie est essentielle dans la relation d’aide (soit la capacité de reconnaître les émotions et d’agir en conséquence), la sympathie, c’est-à-dire le fait de ressentir ce que l’autre ressent, ne permet pas toujours de garder la distance qui est nécessaire pour le soutenir adéquatement.
«L’enjeu de la contagion émotionnelle passe souvent sous le radar», poursuit Pierrich Plusquellec. La contagion émotionnelle, c’est la transmission inconsciente et de manière automatique de l’émotion d’un individu à un autre; certaines personnes absorbent par ailleurs davantage les émotions des autres. «Plus on est proche d’une personne, plus on est à risque de contagion émotionnelle», indique-t-il. Or, le travail des psychoéducateurs est d’établir un lien avec leurs clients. «Ils sont donc plus à risque d’épuisement émotionnel», selon le professeur.