Cartographier les pratiques prometteuses
Toutes deux sont à l’œuvre au sein de Myriagone ‒ Chaire McConnell-Université de Montréal en mobilisation des connaissances jeunesse, qui rassemble des partenaires de divers horizons, dont des partenaires jeunesse.
«Nous nous intéressons, entre autres, à la santé mentale des jeunes qui transitent vers la vie adulte à travers leurs études et le travail, explique Nancy Beauregard. C’est un jalon important de leur parcours et notre approche considère différentes sphères de leur vie.»
Et en collaboration avec des partenaires en éducation, en santé publique et du secteur associatif jeunesse, elles se penchent aussi sur le travail chez les adolescents et les adolescentes. Elles ont d’ailleurs présenté un mémoire au printemps dernier sur le projet de loi no 19 destiné à encadrer le travail des enfants de 16 ans et moins.
Cette collaboration, soutenue par le Centre de recherche en santé publique de l’UdeM, se poursuit au sein du Chantier intersectoriel sur la conciliation études-travail, lancé conjointement par la Direction régionale de santé publique de Montréal et Réseau réussite Montréal.
Récemment, Nancy Beauregard et Véronique Dupéré ont rejoint les rangs de l’Observatoire sur la santé mentale étudiante en enseignement supérieur, mis sur pied en février dernier et codirigé par Julie Lane, de l’Université de Sherbrooke, et Benjamin Gallais, du Cégep de Jonquière.
Elles y sont responsables de l’axe Conciliation travail, études et vie personnelle.
«Notre projet est en démarrage et il vise tant les étudiants et étudiantes des cégeps et des universités qui travaillent que les jeunes qui ont terminé leurs études et qui viennent d’intégrer le marché du travail, poursuit Véronique Dupéré. À travers une multitude de profils, nous voulons cartographier les pratiques prometteuses en matière de conciliation ainsi que les besoins pour les soutenir.»
«Un des points majeurs qui ressort pour l’instant est que, s’il y a des risques à trop travailler pendant les études, le travail en soi crée aussi des occasions de développement et d’apprentissage qui facilitent la transition vers la vie adulte», souligne Nancy Beauregard.
La professeure de relations industrielles ajoute: «Nous cherchons à vérifier comment le travail permet, chez les jeunes, d’enrichir leurs compétences et d’inculquer des valeurs qui peuvent être transposées dans leur parcours scolaire et comment cette conciliation peut également être un vecteur de santé.»
Déjà, certaines recherches doctorales publiées récemment montrent que le travail peut jouer un rôle positif et soutenir la santé mentale lorsque le nombre d’heures est compatible avec les sphères de la vie privée et que le type d’emploi est relié aux aspirations professionnelles et à la carrière souhaitée.