Incursion dans les coulisses du pouvoir
Le mage du Kremlin met en vedette un conseiller de Vladimir Poutine qui revient sur ses années aux côtés du dirigeant russe. Ce personnage est inspiré de Vladislav Sourkov, qui a été l’éminence grise de Vladimir Poutine et qui est largement considéré comme le principal idéologue du Kremlin des années 2000.
On s'infiltre alors dans les hautes sphères du pouvoir russe, on découvre les méthodes brutales de Poutine, la manipulation médiatique, le chaos comme levier, la consolidation d’un pouvoir autoritaire.
Bien que romancée, l’œuvre permet de mieux comprendre des évènements réels comme les guerres en Tchétchénie, le conflit dans le Donbass et l’organisation des Jeux olympiques de Sotchi. Elle ouvre une fenêtre sur le peuple russe et sa mentalité, entre théâtre politique, conquêtes internationales et rencontres mondaines dominées par les oligarques.
«D’un point de vue pédagogique, ce livre fait la lumière sur plusieurs idéologies politiques, comme le nationalisme, l’impérialisme, le communisme ou même le populisme. On en apprend aussi davantage sur les campagnes politiques, sur les façons d’accéder au pouvoir et sur les contrastes entre un régime démocratique et un régime autoritaire», indique Martin Carrier.
Frédéric Mérand ajoute que le roman de Giuliano da Empoli jette un éclairage sur la culture politique russe teintée de ressentiment envers l’évolution de l’Occident. «Cette perspective permet de comprendre par exemple le point de vue de la Russie dans l’invasion actuelle de l’Ukraine. Mais attention, il ne s’agit pas là d’une justification, c’est plutôt présenté avec cynisme et ça invite à réfléchir à la responsabilité du pouvoir», note-t-il.