Le cas de Montréal
Selon l’étude, la masse d’eau du fleuve Saint-Laurent après l’effluent de Montréal est considérablement plus contaminée que les autres masses d’eau. Cette contamination est visible jusqu’à 70 km en aval, soit jusqu’au lac Saint-Pierre.
«C’est étonnant de constater que la trace s’étend aussi loin, note Sébastien Sauvé. Par contre, la contamination de la région métropolitaine était prévisible compte tenu du fait que deux millions de personnes vivent sur l’île de Montréal et qu’il existe une seule station d’épuration qui traite environ 900 milliards de litres d’eau chaque année.»
Actuellement, les installations de traitement des eaux usées de la métropole ne sont pas conçues pour éliminer spécifiquement les produits pharmaceutiques. L’efficacité des procédés d’élimination est ainsi parfois faible ou nulle pour ces polluants.
Heureusement, Sébastien Sauvé indique qu’un projet d’ozonation est en cours à Montréal pour assainir les eaux usées. Cette technique permettrait de détruire 80 % des molécules médicamenteuses.
«C’est un couteau à double tranchant. Le système doit être bien fait, puisque l’ozone transforme les résidus pharmaceutiques en molécules encore plus toxiques. Il faut donc suffisamment d’ozone pour éliminer aussi ces nouvelles molécules», plaide-t-il.