S’assurer que tous voient la même chose
«Les traces de chaussures font partie d’un éventail d’informations contextuelles qui peuvent faire avancer les enquêtes, souligne le chercheur. Elles sont rarement présentées en preuve à la cour, mais permettent de préciser certaines hypothèses d’enquête, par exemple en ce qui a trait au nombre de personnes présentes au moment d’un crime, à celles qu’on croyait suspectes et surtout au lien entre des crimes que les policiers considéraient initialement comme isolés.»
Dans le cadre de ses travaux, Vincent Mousseau a participé à la mise en place d’un projet du LSJML – où il travaillait déjà depuis quelques années à titre d’étudiant – visant à analyser la validité de la codification des milliers d’images de traces de chaussures que contient la base de données du Laboratoire.
«Cette base de données ressemble à celle qui existe pour les empreintes digitales et qui peut servir à l’ensemble des corps policiers du Québec, illustre-t-il. Les analystes reçoivent les images des traces de chaussures prélevées et ils scrutent les différents motifs de ces traces, qui ne sont pas toujours optimales: elles sont souvent partielles, la boue ou le sable viennent brouiller la lecture… Il faut donc s’assurer que les personnes qui interrogeront la base de données feront la même lecture de ces données.»
Vincent Mousseau et deux analystes spécialisés du service de renseignement criminalistique du LSJML ont donc extrait un échantillon d’une trentaine d’images de la base de données afin de les étudier tour à tour à l’aide d’une grille d’analyse. Chaque personne devait codifier chacune des images à deux reprises, et ce, à deux semaines d’intervalle.