Vous vous souvenez de l'arrivée de la COVID-19 et de l'engouement soudain pour le travail à domicile? Une équipe de recherche de Montréal et de Paris a décidé d'étudier de plus près l'effet de ce changement sur les employés de bureau.
Sous la direction de Marie-Colombe Afota, professeure en relations industrielles à l'Université de Montréal, l’équipe a suivi 716 employés et employées d'une grande société financière mondiale aux États-Unis et en Europe pendant six mois, de septembre 2020 à mars 2021.
L’étude, dont les résultats ont été publiés dans le Journal of Occupational and Organizational Psychology, a porté sur des personnes qui travaillaient à domicile au moins trois jours par semaine et pour qui ce «télétravail à haute intensité» était quelque chose de nouveau.
Marie-Colombe Afota et ses collègues se sont particulièrement intéressés à l'incidence du travail à distance intensif sur le sentiment d'appartenance des participantes et participants au fil du temps ainsi qu'à la manière dont les fluctuations des sentiments d’attachement aux collègues influençaient leur bien-être psychologique et la perception de l'importance de leur travail.
Les chercheurs ont constaté que, au fil des semaines et des mois, les employés et employées de bureau commençaient à se sentir moins proches les uns des autres. Le sentiment de faire partie d'une équipe et de pouvoir échanger des idées à la fontaine à eau s’estompait à mesure que les gens passaient plus de temps loin de leur bureau.
«L'une des conclusions importantes de cette étude est que, si les technologies et les appareils des télétravailleurs peuvent faciliter les interactions virtuelles, les rencontres en personne restent essentielles pour avoir un solide sentiment d'appartenance, un besoin humain inné fondamental pour le bien-être général», a déclaré Marie-Colombe Afota en décrivant ce que les participantes et participants ont rapporté.
«Nous avons noté que le déclin du sentiment d'appartenance est en corrélation avec la diminution de la perception de l'importance du travail, ce qui souligne le rôle primordial des relations dans la perception du sens du travail», a ajouté la professeure, qui a réalisé l'étude avec trois collègues en psychologie et en gestion de l'Université du Québec à Montréal et de l'École supérieure de commerce de Paris.