Oui, une telle coopération entre des États est essentielle. Actuellement, les États se trouvent souvent à rattraper le temps perdu face à l'évolution rapide des technologies numériques. Les nouvelles applications et avancées technologiques se succèdent à un rythme effréné, dépassant souvent la capacité des États à légiférer et à règlementer.
Ainsi, je pense que l'avenue à envisager serait une concertation entre les États pour avancer ensemble et s'inspirer mutuellement des meilleures pratiques en matière de règlementation. C'est pourquoi nous avons organisé ce symposium sur la vie culturelle des géants du numérique, réunissant des spécialistes du Canada, de France, de Belgique et du Québec afin de favoriser un regard croisé et des échanges fructueux.
Les GAFAM [Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft] adoptent des comportements qui contournent les lois en vigueur, comme en témoigne la décision de Meta de se retirer d’une entente établie avec le gouvernement australien. Ici, Meta a fait un pied de nez au projet de loi C-18. Cette situation souligne la nécessité d'une action collective des États pour faire respecter les règles du jeu.
Dans mon livre Les barbares numériques: résister à l'invasion des GAFAM, publié il y a deux ans, j'ai lancé un appel à la résistance contre l'emprise croissante de ces géants du Web. Cependant, aujourd'hui, nous devons envisager des solutions pour cohabiter équitablement avec eux ou explorer des options pour nous affranchir de leur domination.