Une lacune à combler
Après avoir recensé plusieurs études sur la motivation collective, Simon Grenier a constaté que celles-ci opérationnalisaient la motivation d’équipe en se référant surtout à la façon dont l’objectif de l'équipe est partagé par les membres ou aux stratégies collectives adoptées pour que les actions de l’équipe tendent à l’atteinte des objectifs. Un ingrédient important manquait: les sources de motivation pour expliquer les efforts déployés par l’équipe et qui, comme pour la motivation individuelle, ont des conséquences sur le fonctionnement du groupe.
C’est l’une des lacunes qu’il a voulu combler: il s’est appuyé sur la théorie de l'autodétermination et la théorie de l’identité sociale pour décrire le rôle des besoins psychologiques fondamentaux et de l’identification à l’équipe dans l'émergence de la motivation d’équipe – celle-ci pouvant être positive ou négative.
Selon Simon Grenier, ces deux théories ont en commun un mécanisme d’intégration où l’identité d’une personne influence les raisons et les cibles qui sous-tendent son comportement.
«Dans l’autodétermination, la personne s’identifie à une figure externe – un entraîneur, un parent, un patron – qui, en offrant un soutien aux besoins fondamentaux ou en exerçant un contrôle psychologique, favorise l’internalisation plus ou moins autonome des comportements adoptés par la première et entraîne l’émergence d’une motivation plus ou moins suffisante. De son côté, la théorie de l’identité sociale permet d’expliquer comment l’individu passe du je au nous et fait siens les objectifs et normes du groupe lorsque l’équipe suscite en lui le besoin d’appartenir à ce collectif ou de s’en distancier», illustre-t-il.