Avec le vieillissement des babyboumeurs, qui vivent et sont actifs plus longtemps que la génération précédente, cette façon de voir prend donc tout son sens…
PNP: Le fait que la génération actuelle vit mieux ou plus longtemps que celle d’avant, c’est l’histoire de l’humanité, il ne faut pas l’oublier. Par contre, ce qui a changé, c’est les capacités de mobilité des individus. Les gens sont plus mobiles au quotidien, à l’échelle de leur ville et même au-delà, avec les déplacements outre-mer. Cela a une incidence sur leurs attentes par rapport aux normes de vie. Le quartier du quotidien n’est plus suffisant.
De plus, avec l’immigration, on commence à voir au Québec des personnes qui vieillissent dans un endroit qui ne les a pas vus naître. Aussi, des enfants font venir leurs parents du pays d’origine pour qu’ils ne soient pas seuls. Ce sont des phénomènes auxquels on s’est peu intéressé et qui auront une incidence sur la manière dont on vit la ville au sens large.
SL: Aujourd’hui, jusqu’à quatre générations cohabitent dans un même quartier, voire vivent ensemble dans un habitat intergénérationnel. Cela entraîne des responsabilités accrues pour les babyboumeurs, qui s’occupent parfois de leurs parents et de leurs petits-enfants.
JK: Je crois que le concept de la famille est en mutation. La famille, ce n’est plus uniquement la famille nucléaire. Pour les personnes LGBTQ+, la famille, ce n’est plus la seule cellule familiale élémentaire, c’est une famille de cœur. On a observé durant la pandémie que les interdictions sanitaires mises en place mettaient l’accent sur la famille, ce qui a beaucoup nui à des personnes qui n’en avaient pas…