Ainsi, à partir de ses recherches, Erin Gee a créé ce qu’elle nomme un «opéra ASMR» (pour autonomous sensory meridian response) ou RASM en français (réponse autonome sensorielle méridienne). À travers notamment des chuchotements, elle guide les auditeurs dans une expérience sensorielle, les rassurant sur le fait que ce voyage sera apaisant. «C’est une expérience sans douleur, où l’on suit chaque étape du processus de décomposition», précise-t-elle. L'objectif est de «permettre aux gens d’avoir moins peur de la mort ou de trouver plus de paix face à elle».
Elle utilise l'absence de cadre rigide de la RASM pour explorer de nouvelles formes de relaxation et proposer des avenues où peut se déployer librement l’imagination des auditeurs. Celle qui apprend à ses étudiants et étudiantes à créer des instruments audionumériques est fascinée par l’immense pouvoir qu’a notre voix d’influencer nos réactions corporelles et procurer des sensations de bien-être.
Erin Gee a aussi cherché à repousser les limites de sa pratique vocale: «Je me suis demandé comment sortir du corps que j’habite pour chanter. J'ai passé du temps dans mon studio pour imaginer ma voix comme celle d’un loup, comme un animal non humain qui était en train de crier dans la forêt.»
Elle accompagne également les sons qu’elle émet par différents bruits organiques. Pour cela, elle s’est équipée d’un instrument inusité: un bol avec une membrane en latex que Totem Contemporain a conçu. «Parfois, cela ressemble à des trombones ou des tubas, d'autres fois à d’immenses tambours. Les sons semblent naturels, mais aussi un peu surnaturels parce que c’est un instrument qu’on n’a jamais entendu auparavant», mentionne-t-elle.