Des spécificités à prendre en compte
Pour Isabelle Daigneault, cette surreprésentation peut notamment s’expliquer par le contexte social dans lequel évoluent les enfants qui ont une déficience intellectuelle. De manière générale, ces jeunes sont plus tôt et plus souvent confiés à des personnes extérieures à la famille. «Et l’absence d’un gardien est un facteur de risque, puisque les gens tentés d’abuser d’un enfant vont profiter de cette situation de vulnérabilité», note-t-elle.
Aussi, poursuit la chercheuse, ces enfants pourraient avoir plus de difficulté à s’exprimer pour obtenir de l’aide et à réaliser qu’une situation est inadéquate. Rappelons que les abus sexuels ne sont pas toujours violents, ils peuvent se présenter sous forme de chantage et de manipulation, des manifestations plus insidieuses.
«Il est donc moins probable que l’enfant signale rapidement la situation, souligne la psychologue. On peut supposer que les séquelles plus importantes peuvent justement découler du fait que les abus durent plus longtemps.»