Une expérience rigoureusement froide!
«L'utilisation du froid à des fins thérapeutiques remonte à la Grèce antique, mais on n’a pas encore établi avec précision la dose de froid nécessaire pour obtenir des bienfaits sur le sommeil», explique Olivier Dupuy pour justifier le projet de recherche qu’il a mené avec Laurent Bosquet et Benoit Dugué, deux collègues de l’Université de Poitiers.
L'équipe a ainsi recruté 20 personnes en bonne santé – 9 femmes et 11 hommes – âgées en moyenne de 23 ans qui ont pris part à une séance quotidienne de cryostimulation pendant cinq jours consécutifs.
Chaque séance consistait en une exposition au froid de cinq minutes dans une chambre de cryostimulation refroidie à -90 °C. «Tous portaient des sous-vêtements ou un maillot de bain, des chaussettes, des chaussures de type Crocs, des mitaines et une tuque pour protéger leurs extrémités du froid intense», précise le chercheur.
Par la suite, les participants vaquaient à leurs occupations habituelles jusqu’à l’heure du coucher en évitant toutefois de boire de l’alcool ou de s’adonner à toute activité physique ou autre pouvant influencer leur sommeil.
Au moment d’aller au lit, on leur installait un bandeau sans fil équipé de capteurs d’activité cérébrale, un actimètre au poignet et un moniteur de fréquence cardiaque afin de mesurer l’effet de la cryostimulation sur leur physiologie durant la nuit. Le matin venu, ils remplissaient un questionnaire sur la qualité perçue de leur sommeil.
Pour isoler l’effet de la cryostimulation sur le sommeil, l’équipe de recherche a également recueilli des données sur les sujets de l'étude pendant cinq autres jours consécutifs, sans séances de froid.