Apprendre à communiquer
Les résultats sont limpides. Les enfants allophones ayant fréquenté un service de garde (ou une prématernelle à quatre ans, quoique les bienfaits sont moindres) ont un meilleur développement cognitif et présentent de plus grandes habiletés sociales et émotionnelles. Leurs habiletés en communication sont également meilleures grâce, entre autres, à des connaissances générales jugées suffisantes.
Au moment de l’étude, 6,1 % des enfants de maternelle au Québec venaient de familles allophones, soit 4360 enfants. Or, tout près de 14 % de ces enfants sont demeurés à la maison avant leur entrée à l’école, contre 6 % seulement pour les enfants dont la langue maternelle est le français.
Les résultats de l’étude reposent sur l’utilisation de l’Instrument de mesure du développement de la petite enfance, conçu au Canada et utilisé à l’étranger pour mesurer la capacité des enfants à répondre aux attentes en matière de développement avant l’entrée en maternelle. Les enseignants et enseignantes, en situation de proximité avec leurs élèves depuis le début de l’année scolaire, ont rempli un questionnaire. Ils ont aussi pu fournir des informations sur la fréquentation, ou non, d’un service d’éducation préscolaire.
«Il est primordial de s’assurer que les enfants dont la langue maternelle n’est pas le français ne sont pas pénalisés par la rareté des places dans les services d’éducation préscolaire», rappelle Sylvana Côté. Elle ajoute que, si le bilinguisme en soi est une excellente gymnastique pour le cerveau, les défis liés à l’apprentissage de plusieurs langues sont réels. Les enfants ont besoin de soutien à cette période critique de leur développement.