Des trafiquants aux profils inattendus
Premier constat: environ 20 % des trafiquants sont impliqués dans le commerce à grande échelle (20 armes ou plus). «Dans la majorité des cas, les transactions sont effectuées de façon opportuniste, explique Étienne Blais. Il peut s'agir, par exemple, d'un cambrioleur qui trouve une arme non sécurisée lors d'un vol ou de propriétaires inscrits d'armes qui, ayant besoin d'argent, décident de les vendre illégalement.»
L'étude révèle que les suspects sont majoritairement des hommes blancs (92 %), âgés en moyenne de 39 ans. Fait notable, 42 % avaient des antécédents criminels et 34 % n'avaient pas le droit de posséder des armes. Généralement, de une à quatre personnes interviennent dans les transactions.
Comment expliquer que le crime organisé traditionnel soit peu présent dans ce trafic?
«Les membres du crime organisé ont déjà leurs armes et ne souhaitent pas vendre à n'importe qui en raison des dommages collatéraux qui pourraient survenir et éveiller les soupçons de la police, et aussi parce que ce n’est pas très payant, puisqu’il s’agit d’un bien durable, contrairement à la drogue par exemple», précise le chercheur. Selon lui, la situation pourrait avoir évolué récemment avec la demande croissante liée aux activités des gangs de rue.