Un modèle pour soutenir le jugement clinique
Cette étude prend appui sur la vaste expérience en génétique et en psychiatrie de l'enfant de l’équipe de recherche. Par ces travaux, les cliniciennes et cliniciens souhaitaient répondre à une préoccupation de nombreux parents: mieux comprendre et anticiper le développement de leur enfant atteint d’autisme.
«Chez certains enfants, les premiers signes d’autisme apparaissent dès l’âge de 18 mois», dit le Dr Vincent-Raphaël Bourque, doctorant au Centre de recherche Azrieli du CHU Sainte-Justine et premier auteur de l’étude. Bien que le diagnostic d’autisme puisse être posé très tôt, il reste difficile de prédire la trajectoire développementale à moyen et long terme. De nombreux parents se demandent comment leur enfant grandira et s’il souffrira d’une déficience intellectuelle, qui affecte de 10 à 40 % des enfants autistes et se manifeste souvent vers six, sept ou huit ans. Actuellement, les médecins se basent principalement sur l’observation des étapes du développement précoce, comme l’acquisition du langage ou de la marche, pour anticiper le développement de l’enfant.
Toutefois, ces prédictions sont limitées, surtout chez les plus jeunes enfants. De plus, il n’existe encore aucun moyen de savoir à quel point ces prédictions sont précises. L’approche actuelle consiste donc souvent à attendre de voir comment l'enfant se développe avant d’intervenir. Or, cela peut lui causer beaucoup de stress lorsqu’il y a un décalage croissant entre les forces et les défis qui lui sont propres, les attentes de l’entourage et celles du milieu scolaire, et pour ce qui est du soutien qui lui est offert, à lui et à sa famille. Par conséquent, plusieurs enfants autistes pourraient bénéficier plus tôt d’une prise en charge mieux adaptée.