Décrypter la cognition incarnée
Pour décrypter de quelle façon la cognition incarnée – c’est-à-dire lorsque la pensée et le corps s’influencent mutuellement – se manifeste chez les deux pianistes, les chercheurs ont placé sur leur corps 17 capteurs de mouvement.
Les deux musiciens ont ensuite interprété six extraits d'œuvres classiques de la période romantique dans deux conditions distinctes: une interprétation expressive, comme en concert, et une version neutre, où ils devaient jouer strictement ce qui était écrit sur la partition, sans interprétation personnelle.
Les capteurs ont permis d'analyser trois aspects précis: l'amplitude des mouvements articulaires, les postures adoptées par les pianistes et la fluidité des mouvements des poignets.
«Nous avons voulu étudier les mouvements articulaires dans le contexte de deux approches de jeu que les pianistes utilisent réellement pendant leur travail. De cette façon, nous sommes allés au-delà des études précédentes, qui se contentaient généralement de mesurer les déplacements corporels linéaires plutôt que les angles de chaque articulation», explique Felipe Verdugo, qui est spécialiste en analyse du mouvement et de la biomécanique.